Imad Moughnieh, un explosif dans l’appuie-tête ca se remarque.
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Par Mati Ben-Avraham à Jérusalem
Octobre 1983, Beyrouth, deux attentats contre des soldats français et américains à Beyrouth : 229 morts. Imad Moughnieh inaugurait là une nouvelle forme de terrorisme, celle des bombes vivantes, des attentats-suicides, qui allait devenir l’arme privilégiée des intégristes musulmans.
On retrouve sa griffe dans de multiples attentats, sur le sol libanais et ailleurs. Plus dangereux que Bin Laden, selon d’aucuns parmi les experts du terrorisme international. Ce qui fait qu’il était recherché par dix pays : Israël en tête bien entendu (enlèvements de soldats, de l’homme d’affaires Tattenbaum, attentats en territoire israélien, le dernier en date ayant entraîné la 2ème guerre du Liban), mais aussi les Etats-Unis, la Russie, la France, le Royaume Uni, l’Allemagne, l’Italie, l’Argentine, l’Egypte et le Koweït.
Proche du chef spirituel du Hezbollah, le Cheikh Nasrallah, Imad Moughnieh était considéré comme le “chef d’état-major” du mouvement chiite. A ce titre, il était devenu la pièce maîtresse du dispositif iranien au Liban. Ses funérailles, ce jeudi, ont témoigné du rôle-clé qui fut le sien.
Surnommé le “bombardier furtif”, en raison de son art de l’esquisse, sa liquidation, mardi soir à Damas, en pleine rue, a mis syriens, iraniens et le Hezbollah sur les dents. Elle suppose, en effet, deux choses : primo, la présence d’une taupe et, secundo, l’existence d’un réseau qui a opéré dans l’anonymat total. Pour réussir un tel coup, en effet, il fallait être un proche de Moughnieh pour pouvoir installer, ou faire installer, la charge explosive dans l’appuie-tête de son véhicule et disposer, par ailleurs, d’un réseau de renseignements de proximité d’une grande efficacité.
Un authentique exploit pour le service qui a mené à bien cette opération, quand on sait le cloisonnement extrême dans la branche opérative du Hezbollah et la méfiance aiguë vis-à-vis de tout élément étranger. Et puis, il y a ces tics de langage, des raccourcis explicatifs propres au groupe qui excluent toute possibilité d’intrusion.
Alors qui? Israël est pointé du doigt. Ce n’est pas impossible. La longue traque des auteurs de l’attentat de Munich, en 1972, en est la preuve. Mais le Fatah de Yasser Arafat était plus vulnérable que ne l’est le Hezbollah aujourd’hui. Les Etats-Unis? La Russie? La France?
Et pourquoi pas les chrétiens libanais, qui voient derrière la liquidation de leurs principaux leaders la signature d’Imad Moughnieh?
Et pourquoi pas une collaboration de services de renseignements de divers pays? Une chose est certaine : sa mort n’a fait de peine que dans les milieux intégristes musulmans.
http://www.israelvalley.com/edito/2008/02/15/15784/israel-liban-special-imad-moughnieh-qui-a-donc-liquide-le-bombardier-furtif-et-a-realise-un-veritable-exploit
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Le "bombardier furtif" aurait dû prendre le temps de s´en apercevoir.