Pour améliorer l'image du monde orthodoxe auprès des Israéliens
Les religieux
D'ici à 2020, les ultraorthodoxes devraient représenter 17% de la population. Il se définit comme un haredi light, un religieux pas borné. Comme tous les ultraorthodoxes, Dano Monkotowicz, 38 ans, s'habille en noir, avec la kippa sur la tête et les tsitsit (franges rituelles) qui courent le long du pantalon. Mais, à l'inverse de la plupart des membres de sa communauté, il ne passe pas toutes ses journées le nez dans la Torah. Sa fenêtre sur le monde, c'est Zaka, une organisation de secourisme rendue célèbre par sa rapidité d'intervention sur les lieux des attentats, mais qui opère aussi lors d'accidents de la route ou de catastrophes naturelles. «Le seul moment où je me suis séparé de mon bipeur, c'était pour mon mariage, explique Dano. En septembre dernier, on m'a alerté à 9 heures du soir, en raison du crash d'un avion en Thaïlande qui a fait 80 morts, dont huit Israéliens. Une demi-heure plus tard, j'étais dans le bus pour l'aéroport.» Reconnu officiellement en 1995, Zaka réunit 1 500 bénévoles. Tous sont ultraorthodoxes, à l'exception d'une unité de plongeurs-sauveteurs et d'une petite équipe de Bédouins dans la région de Beersheba. Chaque semaine, ces secouristes reçoivent en moyenne 350 appels d'urgence et traitent une quarantaine de décès, avec, comme marque de fabrique, le respect de la halakha, la Loi juive, qui impose notamment de ramasser tous les morceaux de corps déchiquetés et d'éponger au maximum le sang versé. «Zaka fait le boulot que personne d'autre ne veut faire, poursuit Dano. Notre action a permis d'améliorer l'image du monde orthodoxe auprès des Israéliens en général. Moi-même, par mes relations avec la police et les familles, j'entre en contact avec des milieux qui m'étaient étrangers.» Fier de son travail, Dano espère cependant que ses enfants ne l'imiteront pas. Car les images liées aux attentats hantent son esprit.
source: lexpress