Orthodoxes, quand trop c´est trop avec les ultra-orthodoxes

Publié le par mai_si

Video: "ce sont des extrémistes, ils essaient de prendre le contrôle de tout le quartier de Mea Shearim"

------------

À Mea Shearim, les ultras font la police des mœurs

Des brigades chargées du "respect des mœurs" dans le quartier ultra-orthodoxe de Mea Shearim, à Jérusalem, créent la polémique. Elles sont accusées de violences à l'encontre de ceux qu'elles considèrent comme "déviants".



A la lisière de Mea Shearim, un quartier ultra-orthodoxe de Jérusalem, des religieux font littéralement le siège de "Space". Depuis des semaines maintenant, une dizaines de manifestants, tracts en main, fait la chasse au lecteur de MPEG4. Ces appareils sont coupables aux yeux des haredims (ultra-orthodoxes en hébreu) de permettre le visionnage de vidéos, une activité interdite par leurs rabbins. Leur présence provoque l’attroupement, le débat. "Ce sont des extrémistes. Ils essaient de prendre le contrôle de tout le quartier de Mea Shearim", assure Yosef Shalom, le frère de l’un des vendeurs du magasin.

 Leurs chapeaux et leurs longs pardessus désignent ces religieux comme des Satmar, des juifs ultra-orthodoxes. Certains les soupçonnent de s’être organisés en brigades devenues incontrôlables. Les principaux intéressés ne jugent pas utile de répondre aux accusations. Le seul qui daigne nous dire quelques mots se décrit simplement comme un "haredim qui essaie d’appliquer la volonté de Dieu". "Ils corrompent nos enfants avec ces vidéos", poursuit-il.

 

 

 Agressions physiques

 L’un des vendeurs nous montre une vidéo filmée quelques jours plus tôt. On y voit des ultra-othodoxes s’en prendre violement à la devanture du magasin. "Il n’y aura pas de vidéo ici. Nous ne sommes pas dans un film", crient les manifestants. Certains agressent même physiquement les vendeurs. Ces derniers sont las et impuissants : "Ils détestent la police ici. Quand ils ont appris que l’un d’entre eux avait été arrêté, ils ont commencé à brûler des poubelles", nous dit un vendeur sous couvert d’anonymat. Conséquence : la police préfère ne pas venir dans ce quartier.

 Mea Shearim est un monde à part. Un monde qui vit en autarcie, replié sur lui-même et qui a bien du mal à accepter la différence. Si on est là, c’est qu’on l’a voulu, nous dit-on. Les panneaux, dans la rue informent le badaud des récents interdits établis par les rabbins du quartier.

 M., 29 ans, est née dans un milieu ultra-orthodoxe. Il y a trois ans, elle a décidé de rompre avec cette vie. Elle a divorcé d’avec son mari – une procédure qui a pris 5 ans – et a dû renoncer à ses trois enfants, gardés par son ex-mari. Un soir du mois de juillet dernier, une de ces brigades chargées du respect des mœurs et des règles a cogné chez elle : "Sans que je m’y attende, quelqu’un m’a jetée par terre. Ensuite, il y en a un autre qui est arrivé et les deux se sont jetés sur moi. L’un d’entre eux était sur mon dos et ils ont commencé à me tabasser violemment."

 Des brigades échappent aux autorités rabbiniques du quartier

 

 M. avait bien entendu parler de ces brigades des mœurs mais ne se sentait vraiment pas en danger : "J’avais entendu parler des brigades mais que des rumeurs, des bruits... Jamais je n’aurais imaginé qu’ils s’en prendraient à moi un jour." Elle est convaincue que son ex-mari a envoyé ces hommes chez elle. "Mon mari a pris les enfants, nous dit-elle. Il a pris l’argent, il a tout pris. J’ai laissé ma vie derrière moi et, en plus, il voudrait se venger ?"

 

L’existence de brigades des mœurs à Mea Shearim n’est pas une nouveauté, assure le rabbin Henri Khan, qui dirige la revue francophone "Kountrass" et travaille à Mea Shearim : "Dans un quartier où 99% des gens sont orthodoxes, je crois que c’est naturel que les gens disent à quelqu’un qui ne respectent pas les règles : "va voir ailleurs, va faire ça ailleurs." Maintenant si la personne ne comprend pas et persiste, il peut y avoir une réaction dure. Les coups, je ne pense pas que cela arrive souvent, mais il y a des gens qui ne comprennent que ça, malheureusement." On raconte à Mea Shearim que des brigades échappent aux autorités rabbiniques du quartier. Mais personne ne dit rien. C’est qu’au fond, elles font le bien : elles appliquent la volonté de Dieu.

video:
http://www.france24.com/fr/20080909-brigades-ultra-mea-shearim-orthodoxe-moeurs-israel&navi=REPORTAGES

  source: france24, p

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article