Un fils du Hamas converti au christianisme, au suivant!
C’est le journal Haaretz qui avait le premier publié l’information : le fils d’un important dirigeant du Hamas en Judée Samarie, Massab Yousef, s’est converti au christianisme et vit désormais aux Etats-Unis. Dans une longue interview au journaliste Avi Issaharof, Yousef parle de sa famille, de son enfance, de son séjour en prison, de la cruauté des membres du Hamas et de la corruption de ses dirigeants, et de sa conversion. Quinze jours plus tard, Massab Yousef donne une interview à la télévision américaine Fox News, où il parle à visage découvert.
Les médias francophones n’ont pratiquement pas parlé de cette conversion spectaculaire, à l’exception d’un court article sur Aroutz 7. C’est pourquoi nous donnons ci-dessous des extraits plus conséquents de la longue interview au supplément d’Haaretz.
Massab Yousef, aujourd’hui âgé de 30 ans, a grandi dans une famille très pratiquante. Son père, le sheikh Hassan Yousef, est un des principaux dirigeants du mouvement islamiste palestinien, le Hamas, en Judée Samarie (Cisjordanie).
La corruption du Hamas
« En 1996, alors que j’étais âgé de 18 ans, j’ai été arrêté par Tsahal, car j’étais à la tête de l’association islamique de mon lycée, qui était liée au Hamas. Au cours de 16 mois de détention en prison, j’ai découvert le visage véritable du Hamas. C’est une organisation fondamentalement mauvaise. C’est à la prison de Megiddo que j’ai découvert la vérité sur le Hamas. Ses dirigeants bénéficiaient d’un traitement de faveur, plus de nourriture et de visites. Ces gens n’ont pas de morale, mais ils ne sont pas idiots comme ceux du Fatah, qui volent ouvertement et dont la corruption est visible au grand jour… Les dirigeants du Hamas reçoivent de l’argent par des voies détournées, le placent dans des lieux secrets et mènent aux yeux de tous une vie modeste… »
Les tortures
« Il suffit qu’ils soupçonnent quelqu’un de donner des informations au Shin Beth [les services de sécurité israéliens] pour qu’ils lui fassent subir des tortures cruelles : ils lui brûlent du plastique sur le corps, lui mettent des allumettes enflammées entre les orteils, lui rasent la tête pour l’humilier… »
Massab et Israël
Massab Yousef raconte au journaliste de Haaretz qu’il aime écouter la musique israélienne, surtout Eyal Golan. Mais son chanteur préféré est… Leonard Cohen ! De son exil californien, Massab a la nostalgie de sa famille, de ses frères et soeurs, et de sa ville palestinienne, mais aussi d’Israël, dont il a appris à apprécier la culture et la liberté : « donne le bonjour à Israël, qui me manque », lance-t-il au journaliste de Haaretz.
Le Hamas, l’islam et la paix
« Vous autres, les Juifs, devez savoir que jamais, au grand jamais, vous ne ferez la paix avec le Hamas. L’islam, en tant qu’idéologie qui lui sert de guide, ne leur permet pas de conclure un accord de paix avec les Juifs. La tradition [musulmane] enseigne que le prophète Mahomet a combattu les Juifs, aussi ils doivent poursuivre le combat jusqu’à la mort… Du point de vue du Hamas, la paix avec Israël est contraire à la sharia et au Coran, car les Juifs n’ont pas le droit de rester en Palestine ».
Le retrait israélien de Gaza
Pour Massab Yousef, tout signe israélien de faiblesse encourage le Hamas et les Palestiniens à poursuivre leur combat et notamment les attentats-suicides. « Les failles dans votre capacité de résistance nous ont encouragé et ont prouvé que les attentats-suicides étaient une arme efficace. Le plan de retrait d’Ariel Sharon [de Gaza] était une grande victoire, découlant de nos opérations. Une des meilleures preuves à nos yeux de la crise de la société israélienne découlant des attentats suicides était le phénomène de l’insoumission dans Tsahal… C’est pourquoi nous avons poursuivi les attentats… la seule chose qui a mis fin [provisoirement] aux attentats était la riposte de Tsahal contre les chefs du Hamas.
Traduction de l’hébreu et intertitres, Pierre I. Lurçat
source: http://vudejerusalem.20minutes-blogs.fr/archive/2008/08/15/le-fils-d-un-dirigeant-du-hamas-converti-au-christianisme-in2.html
Video en anglais: http://www.youtube.com/watch?v=av3-OnlUedw&eurl=http://www.pointdebasculecanada.ca/spip.php?article557
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Une nouvelle revigorante qui nous parvient de Gaza : le fils d’un haut dirigeant du Hamas vient de jouer un mauvais tour à l’auteur de ses jours en se convertissant au christianisme. La défection de Mossaâb aurait pu passer inaperçue s’il n’était le fils de Hassan Youssef, célèbre dirigeant du Hamas, note Joseph Bichara, correspondant du magazine Elaph en Palestine. Du coup, la chaîne américaine Fox-Newss’est intéressée à ce cas et a interviewé le jeune Mossaâb sur les circonstances de sa conversion. Le nouveau converti a porté des accusations graves contre les dirigeants du Hamas, tout en épargnant son père qu’il a couvert d’éloges. Mossaâb Hassan Youssef affirme que le point de rupture a été atteint lorsqu’il a vu de ses yeux des dirigeants du Hamas assassiner et torturer des centaines de Palestiniens, dont des membres du Hamas, accusés de collaboration avec Israël. Il précise que la sauvagerie de ces dirigeants, visibles quotidiennement à la télévision selon lui, l’a amené à réfléchir sur beaucoup de choses, considérées comme sacrées ou intouchables en Palestine. Cependant, ajoute-t-il, tous les sympathisants du Hamas ne sont pas aussi violents et n’ont pas du sang palestinien sur les mains. Il y a aussi des personnes frustes qui soutiennent le Hamas parce qu’elles sont persuadées que le mouvement représente Dieu et l’Islam. Quant aux dirigeants du Hamas, ils ont crié au complot sioniste visant à déstabiliser le Hamas et à amoindrir ses capacités offensives. Une théorie qui a dû faire bien rire le grand poète Mahmoud Darwish qui repose sur la plus haute colline de Ramallah, face à Al-Qods. Mahmoud Darwish, le poète de la Palestine, contre qui se sont déchaînés la semaine dernière les partisans du Hamas sans observer le respect dû aux défunts et sans égard pour sa stature. Alors que le monde entier rendait hommage au poète et au patriote disparu, ses compatriotes de Gaza désignaient en lui le communiste et l’apostat. S’ajoute une autre abjection que rapporte notre ami Lakhdar Afif dans l’hommage qu’il rend à Darwish sur le magazine Elaph.«Après la démission de Mahmoud Darwish des organes dirigeants de l’OLP, Yasser Arafat l’a puni en lui coupant les vivres, écrit Lakhdar Afif. C’est ainsi que Darwish a vécu, reclus dans son appartement à Paris, ne possédant même pas de quoi offrir un café à ses visiteurs. L’abjection est une seconde nature chez les dirigeants en terre d’Islam et au fil des siècles. Le conquérant de l’Andalousie, Tarek Ibn Ziad, n’est-il pas mort en mendiant dans les rue de l’opulente Damas. Simplement parce qu’au lieu de lui couper la tête, le calife l’a récompensé en lui coupant les vivres. En dépit de cela, j’ai été surpris d’apprendre que Mahmoud Darwish avait vécu dans la pauvreté à Paris. J’étais persuadé que la cuillère en argent de Yasser Arafat ne quittait jamais sa bouche depuis qu’ils s’étaient rencontrés. J’ignorais que Arafat qui était généreux avec les «plumes aboyeuses» arabes – un chien qui aboie avec moi est mieux qu’un chien qui aboie contre moi, disait-il —avait affamé le poète de la Palestine. Si j’avais su que Mahmoud Darwish rengainait sa faim en silence, je l’aurais invité à se joindre avec moi à la file devant les restos du cœur. Le dernier refuge pour ceux qui refusent de mettre leur plume au service des grands de ce monde que nous connaissons».
A. H.
source: http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2008/08/18/article.php?sid=72300&cid=8