Bible, "les pots-de-vin font tourner la tête".

Publié le par mai_si

Pour ce qu'il en est des pots-de-vin, la Bible proscrit leur acceptation car «la gratification aveugle les clairvoyants et pervertit la parole des justes» (Ex 23, 8).

-----------------

L’instauration de normes morales universelles en politique.

Ce jeudi 29 mai 2008, le parquet de Jérusalem a décidé (à la demande du conseiller du gouvernement Menny Mazouz) de poursuivre ses investigations dans l'affaire de corruption ouverte contre le Premier Ministre Ehud Olmert.
Cette décision qui fait suite aux révélations de l'homme d'affaires américain Morris Talansky, devrait déboucher sur un acte d'accusation pour blanchiment et perception de pots-de-vin.

En réalité, le Premier Ministre n'a pas démenti l'opération mais juste nuancé la gravité de l'acte, en précisant que les fonds versés l'avaient été pour financer ses campagnes politiques lors des élections à la mairie de Jérusalem en 1993 et 1998, et des élections internes au Likoud en 1999 et 2002.

Cet épisode de la vie politique israélienne illustre certainement la volonté pour l'Etat d'Israël d'être parfaitement transparent sur le fonctionnement de ses institutions mais rien n'interdit d'aller encore plus loin. En effet, pourquoi ne pas profiter de l'occasion pour élaborer un Code moral des comportements à adopter en politique, qui serait utile tant sur un plan interne que sur un plan international en cas de transposition adaptée.

Plus précisément, compte tenu du souhait pour l'Etat d'Israël d'être reconnu internationalement comme étant un Etat juif, il suffirait de s'inspirer des principes philosophiques juifs pour figer des normes morales en politique, principes qui seraient également profitables à l'ensemble des grandes démocraties en proie aux mêmes difficultés.

Rappelons en effet que D. a choisi Abraham pour qu'il ordonne à ses fils et à sa maison après lui de garder la voie de l'Éternel, en faisant ce qui est juste et droit. Or, cette recommandation avait une finalité particulière, à savoir « pour que l'Éternel fasse venir sur lui ce qu'il lui a promis » (Gn 18,19). Autrement dit, les descendants d'Abraham sont en principe tenus de respecter les règles morales contenues dans la Torah pour favoriser l'Avènement du projet divin. Or, il s'avère que les injonctions divines s'adressent également aux responsables politiques israéliens qui ne bénéficient d'aucune dispense particulière et restent tenus de suivre la voie indiquée.

En d'autres termes, les règles prescrites par la Bible destinées à permettre un fonctionnement harmonieux de la société, doivent également inspirer les comportements éthiques ou tout au moins admissibles en politiques.

Pour ce qu'il en est des pots-de-vin, la Bible proscrit leur acceptation car «la gratification aveugle les clairvoyants et pervertit la parole des justes» (Ex 23, 8). On peut citer également : «Tu ne détourneras pas le droit, tu ne feras pas acceptation de personne et tu n'accepteras pas de cadeau corrupteur car la corruption aveugle les yeux des sages et fausse la parole du juste». (Dt 16, 19). En l'espèce, le fait pour un responsable politique d'accepter des pots-de-vin est susceptible de l'amener à prendre des décisions extérieures à l'intérêt général, c'est-à-dire uniquement en considération de l'intérêt de celui qui les verse...

Or, dans la Bible, l'acceptation de pots-de-vin est problématique non seulement pour celui qui les reçoit (il perd sa lucidité) mais encore pour la société toute entière qui risque de sombrer dans une violence extrême. C'est d'ailleurs la violence dévastatrice des hommes, conséquence de leur corruption, qui a fait regretter à D. d'avoir créé le monde (voir l'épisode de Noé Gn 6,11-12).

Sur ce point, il n'est sûrement pas de hasard entre la perception par des responsables politiques israéliens de fonds et les actes de violence inouïs perpétrés sur le territoire israélien comme l'éviction de huit mille juifs du Goush Katif en 2005 ou encore la perspective d'évacuation forcée des juifs résidant dans le Golan (en cas de transfert de ce territoire à la Syrie). Or, une telle violence qui est à l'origine d'un grave traumatisme de la société israélienne, contribue à la perte des repères historiques et isole les responsables politiques de la vocation de l'Etat d'Israël.

Classiquement, la défense des bénéficiaires de pots-de-vin s'effectue en deux temps : tout d'abord ils nient avoir reçu des sommes d'argent puis, lorsqu'il n'est plus possible de contester l'évidence, la justification donnée tient au financement public de la société démocratique. Ainsi, les intéressés commettent tout d'abord des mensonges, puis, dans un second temps, entourent leurs propos de la plus parfaite mauvaise foi.

De tels comportements sont une fois encore interdits par la Bible même si la mauvaise foi est plutôt reprise sous le terme de duplicité. On peut citer par exemple : «celui qui marche dans l'intégrité, qui fait ce qui est juste, et qui dit la vérité telle qu'elle est dans son cour» sera reçu dans le tabernacle de l'Eternel (Psaumes de David 15,2).

Plus généralement, la Bible invite à une parfaite honnêteté et une droiture intellectuelle de l'individu. Pour mémoire, dans le Livre des Proverbes, les enseignements éthiques visent à parfaire le fonctionnement de l'humanité avec une morale qui est présentée sous l'angle de traits de caractère naturels comme le Tsadiq (le juste), le Hakham (le sage) ou le Yachar (l'honnête). Il s'agit naturellement de vertus qui pourraient être exigées des candidats à des mandats électifs dans un Code de morale politique.

Plus généralement, les Proverbes de Salomon (chapitre 6, verset 11 et
suivants) fournissent une liste intéressante d'attitudes à éviter comme la perversité, le cour qui médite des projets iniques, les pieds qui se hâtent de courir au mal, l'œil hautain, la langue menteuse, le faux témoin qui dit des mensonges, qu'un Code de morale pourrait tout à fait reprendre...

En réalité, l'instauration de normes politiques morales en Israël ne serait pas simplement destinée à donner un exemple ou une leçon aux nations de la terre. D'ailleurs, et si par extraordinaire les autres pays pouvaient suivre l'exemple, il conviendrait de faire preuve de modération (Proverbe 27,1-2) et d'humilité (Jérémie 9,23).

En fait, (selon les derniers Prophètes) cette obligation de faire ce qui est juste participe de la survie d'Israël : les derniers prophètes ont effectivement annoncé que la destinée d'Israël dépendait de l'élément moral dans le fonctionnement social.

On peut citer par exemple Amos pour qui D. méprise les fêtes, ni ne supporte les réunions solennelles, les cantiques, la musique ou les harpes : ce qui importe, c'est que «le droit coule comme de l'eau et la justice comme un torrent qui ne tarit pas» (Amos 5,24). De la même manière, Michée rappelle
: «On t'a fait connaître, ô homme, ce qui est bien; Et ce que l'Éternel demande de toi, C'est que tu pratiques la justice, Que tu aimes la miséricorde, Et que tu marches humblement avec ton Dieu» (Chapitre 6,7-8).

L'instauration d'un Code de la morale politique permettrait de suggérer aux responsables politiques d'atteindre la justice (Dt 16,20) et de tendre à imiter D. en tant qu'exemple de droiture et principe même de la Justice (Gn
18,25) : «Je vous commande de pratiquer en aimant l'Eternel votre D. et en marchant dans toutes mes voies» (Dt 11,12). Les hommes pourront alors compléter l'ouvre de la création, accomplir les potentialités accordées par D. et parvenir à un niveau de développement moral le menant à la voie divine.

source: israel-infos par Me B. RAMAS-MUHLBACH


Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article