Des déclarations qui se livrent.

Publié le par mai_si

À lire sans modération.
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Quatre jours en France

Les oriflammes sont rangées pour quelques décennies. Les journalistes des médias nationaux, peuvent sans mentir reprendre leur petit train train d'information traitée, pour ne pas dire manipulée.

La tente bédouine de Khadafi plantée au cœur de Paris a donné cours à un déferlement d'images exotiques. Information, voyeurisme tapageur ou simple maelström malsain de tout cela à la fois ?

Constatons simplement que le masque impénétrable du grand homme impliqué à la Commission des Droits de l'Homme à l'ONU eut droit à des reportages colorés en permanence. Privilège refusé au visage comme aux discours d'un Prix Nobel de la paix en visite d'Etat. Pourquoi ? Parce que tout bêtement Israélien !

Cette visite d'Etat, occultée et boudée des médias, m'aura pourtant procuré des instants de bonheur non dissimulé.

Bonheur du cœur et de la vue, d'un Paris largement pavoisé du tricolore des droits de l'Homme mêlé à l'étoile de l'Espoir, l'étoile de la Hatikva.

Bonheur du cœur et de l'amitié chaleureuse et sans façons, vécu à chacune des rencontres officielles, à l'Hôtel de Ville de Paris, au Salon du Livre, comme au Palais des Congrès. Ces rencontres ont donné lieu à une profusion de mots à défaut d'images.

Langue hébraïque en vers comme en prose, traduite avec son habituelle maestria par l'interprète officielle de l'Etat d'Israël.

Des discours dont nous ne résistons pas au plaisir de retenir quelques phrases fortes.

Parodiant l'un de ses prédécesseurs en visite à Paris, Shimon Peres pour exprimer son émotion devant la chaleur de l'accueil nous confie "je me sens comme un arc de triomphe que l'on promène en tous sens".

En vers et dans une langue épurée, il raconte le Paris de ses dix sept ans: "Paris est un poème, une philosophie, Paris est monarchique et révolutionnaire, l'histoire y murmure à chaque coin de rue."

Au palais des Congrès, plus de quatre mille personnes tendent l'oreille, les bras et l'émotion à une succession de discours de paix, d'amour de fraternité. La Marseillaise et Hatikva entonnées à pleine voix tandis que les deux drapeaux s'élèvent.

Emotion de Monsieur Besnainou Président du Congrès Juif Européen " Pour moi qui suis né en Tunisie, vous avez donné à mon père à la naissance d'Israël le droit d'espérer et à mon fils aujourd'hui une citoyenneté."

Humour sans faille de l'inénarrable Grand Rabbin Sitruk "Nous n'avons pas à craindre le boycott de nos livres. Cela fait deux mille ans que nous sommes boycottés et pour cause ! Nous avions un seul livre, millénaire, mille fois copié et diffusé dans le monde sans en avoir jamais payé les droits d'auteurs. (..)A Jérusalem capitale d'Israël, règne un seul Dieu, le même pour tous, et que chacun peut servir en ce lieu à sa convenance. Jérusalem restera juive, nous sommes cependant prêts à la prêter à tout le monde!"

Shimon Peres prend la parole. Il évoque les huit jeunes âmes assassinées. Soudain un scénario préparé à l'insu de tous. Du même carré compact proviennent des hurlements terrifiants "Bogued" (traître!). Le service d'ordre ne sait où donner de la tête, les hurlements s'amplifient, créant un moment d'incertitude et de peur.

Mais la bête politique est là sur la scène. Elle s'éveille sous nos yeux ébahis. Shimon Peres n'est plus ce grand père adulé, choyé, ému.

En une fraction de seconde nous découvrons le "Haver Knesset", le camarade Député comme on dit là-bas, l'habitué des joutes verbales impitoyables. C'est stupéfiant. Il se redresse, l'œil se fait d'acier, le bras se tend vers les hurleurs et d'une voix puissante, il répond sans hésiter:"Si vous hurlez pour vous faire entendre, c'est qu'ici vous n'êtes qu'en minorité. Votre attitude ne saurait changer notre action ! Etre Juif, c'est respecter la liberté et la vie d'autrui. Est Juif celui qui décide de faire de ses enfants des juifs. Nos ennemis n'ont pas seulement boycotté les livres. Ils ont boycotté le Commandement "Tu ne tueras point!"."

La foule reprend son souffle, applaudit à tout rompre, les hurlements s'interrompent, notre Haver redevient Shimon. Il nous raconte avec émotion l'histoire de sa terre, son histoire, Ben Gourion et les combats.

Au soir de l'indépendance, il se rappelle, les danses, les rondes et les Hora; Ben Gourion lui dit à ce moment "Aujourd'hui on danse, demain le sang va couler".

"Nous n'avions pas d'armes, quelques dizaines de mitrailleuses et des munitions pour cinq jours. Nous avons survécu et perdu les meilleurs de nos fils. Nous étions en ces temps la France de la Résistance et de l'Israël qui défendait sa vie. Je suis venu dire merci à cette France de Zola. A ce moment de ma vie c'est un privilège et c'est de mon devoir."

Ne vous en déplaise, Messieurs des médias, pour cette France inoubliable, votre silence fait œuvre de mépris.

Mais pour l'instant, il s'agit d'Israël et qui mieux que son président nous permet d'espérer en l'avenir ?

"Nous n'avons pas de richesses et de pétrole, mais nous sommes un laboratoire. Nous avons l'intention de vivre avec ce que nous avons. Je ne me laisse pas impressionner par l'antisémitisme qui n'est pas une maladie juive. Nous voulons être un peuple qui apporte, pas un peuple qui se justifie. Nous sommes antiques comme les dix Commandements et modernes comme la nanotechnologie. Nous avons combattu, prié, pleuré, nous avons enfin le droit d'être ce que nous sommes !"

A moi, Monsieur Peres, vous avez offert en quatre jours le droit de voir les étoiles bleues fleurir les Champs Elyséeset surtout le droit de redécouvrir les valeurs vraies du sionisme, à l'origine du retour au pays de cette Nation juive si tourmentée par l'Histoire.

Merci, Monsieur le Président de ce si petit et si grand pays.

Josiane Sberro

Primo-Europe

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