Palestine le retour 4 (réfugiés "d´Israel").

Publié le par elie

Le retour du « droit au retour »

Emmanuel Navon Le Lien n° 249 première publication le 10 août 2005
Thème : Proche-Orient
Après le retrait israélien de la Bande de Gaza et du nord de la Samarie, le Quartet fera pression sur Israël et l'Autorité palestinienne pour mettre en place la feuille de route. Les Palestiniens remettront alors sur la table le "droit au retour"afin d'obtenir des concessions d'Israël, sachant qu’Israël n'acceptera jamais l'immigration de quatre millions d'Arabes en son sein. La propagande palestinienne promeut activement le "droit au retour" au sein de l'opinion publique internationale pour améliorer sa position au moment des négociations et il est important que les avocats d'Israël soit prêts pour la bataille médiatique qui s'annonce.

 

LE "PLAN DE DÉSENGAGEMENT" ET LA FEUILLE DE ROUTE

La focalisation médiatique sur le retrait israélien de la Bande de Gaza et du Nord de la Samarie a éclipsé la question du sort de la "feuille de route" après ledit retrait. Lorsque Ariel Sharon annonça lors de la Conférence de Herziiya en décembre 2003 son intention de se "séparer" de la Bande de Gaza, il précisa que son plan ne constituait pas une alternative à la "feuille de route," mais une initiative israélienne visant à améliorer la position stratégique d'Israël et la sécurité des Israéliens en l'absence d'un partenaire palestinien crédible pour l'application mutuelle de la feuille de route. Onze mois plus tard, la Knesset approuva le plan de retrait du Premier Ministre (auquel fut ajouté le démantèlement de quatre villages juifs du Nord de la Samarie), et Arafat mourut. La mort d'Arafat et l'élection de Mahmoud Abbas à la tête de l'Autorité palestinienne soulevèrent la question de la pertinence du plan d'Ariel Sharon à la lumière des nouvelles circonstances. Mais le Premier Ministre décida de maintenir son plan, et donc d'agir sur la base de la présomption que la feuille de route n'était pas applicable.

Avec son initiative, Ariel Sharon a "sauté" les étapes préliminaires de la feuille de route, puisque l'une des étapes finales -bien qu'implicites— de ce document (le démantèlement de villages juifs construits au-delà des lignes d'armistice de 1949) a lieu avant la première étape de la feuille de route, à savoir le démembrement et le désarmement des organisations terroristes palestiniennes par l'Autorité palestinienne. L'un des arguments du Premier Ministre pour justifier son initiative est que le retrait volontaire d'Israël va déplacer la pression internationale d'Israël à l'Autorité palestinienne. Selon cette théorie, le Quartet (les États-Unis, la Russie, l'Union européenne et l'Organisation des Nations Unies) devrait exiger plus fermement de l'Autorité palestinienne qu'elle luttât conte le terrorisme, maintenant qu'Israël a fait preuve d'une telle bonne volonté. Or seul le gouvernement américain se comporte conformément à cette théorie. Les trois autres membres du Quartet estiment quant à eux que Mahmoud Abbas est trop faible pour lutter contre le terrorisme (à cause d'Israël) et que de toute façon la seule et vraie cause du terrorisme étant "l'occupation israélienne," il est vain de lutter contre les effets en ignorant la cause. Il faut donc passer à l'étape suivante de la feuille de route, bien qu'Abbas lutte contre le terrorisme comme Al Capone luttait contre la mafia.

Condolezza Rize a déjà annoncé lors de sa récente visite en Israël qu'une conférence internationale sera réunie après le désengagement israélien afin de remettre la feuille de route sur les rails. Durant et après cette conférence, Israël insistera pour que le démembrement et le désarmement des organisations terroristes palestiniennes par l'Autorité palestinienne demeure la condition sine qua non de la mise en place de la feuille de route, et les Européens commenceront à expliquer que cette exigence est irréaliste. Mais au-delà de ce désaccord de principe, peu de choses séparent en réalité Israël du Quartet: Israël a accepté la feuille de route (qui prévoit entre autres l'établissement d'un Etat palestinien) et Ariel Sharon a prouvé qu'il était prêt à faire les "concessions douloureuses" qu'il avait évoquées dans le passé. Les deux véritables points d'achoppement continueront d'être Jérusalem et le "droit au retour."

LE "DROIT AU RETOUR" COMME STRATÉGIE DE NÉGOCIATION

La feuille de route redeviendra d'actualité après le retrait israélien de la Bande de Gaza et du Nord de la Samarie, et les Palestiniens feront tout pour établir un État sans avoir à mettre fin au terrorisme et sans avoir à établir un régime démocratique. Les Européens, les Russes et l’ONU seront de leur côté, tandis que les Américains seront du côté d'Israël tant que Bush sera au pouvoir. Mais lorsque les négociations entre Israël et l'Autorité palestinienne reprendront sous la pression du Quartet, ni les Américains, ni les Européens, et sans doute ni même les Russes, n'accepteront l'exigence palestinienne du "droit au retour."

L'Autorité palestinienne a là un problème qu'elle tente de résoudre en promouvant le "droit au retour" au sein de l'opinion publique internationale. La propagande palestinienne porte ses fruits, en particulier en Europe. Le "droit au retour" va inévitablement redevenir l'un des sujets centraux de la guerre médiatique entre Israël et l'Autorité palestinienne, et il est important que les avocats d'Israël soient prêts pour la bataille.

Le "droit au retour" est un euphémisme pour la destruction d'Israël, car sa réalisation mettrait fin à la majorité juive de l'État juif, et donc à l'État juif lui-même. D'où les efforts des Palestiniens de présenter cette aspiration comme un droit fondamental et non comme une arme démographique destinée à soumettre les Israéliens au statut de dhimmi. Mise à part l'universitaire Sari Nusseibe, aucune figure publique palestinienne n'a renoncé au "droit au retour." Nusseibeh a été accusé de "trahison" et l'Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas continue de promouvoir le "droit au retour" dans les écoles et les médias comme un droit fondamental auquel les Palestiniens ne renonceront jamais.

Déjà en juillet 2003, Nabil Shaath (alors "Ministre des Affaires étrangères" de l'Autorité palestinienne, un poste dont l'existence même est contraire aux Accords d'Oslo) déclarait que "le droit au retour fait partie de la feuille de route. Ce droit inclut le retour [des Arabes palestiniens] aux villes palestiniennes à l'intérieur de l'Etat juif, comme Haïfa." 1 Cette déclaration est mensongère, puisque la feuille de route ne reconnaît pas l'exigence palestinienne d'envahir l'État d'Israël avec quatre millions d'Arabes, descendants réels ou supposés des réfugiés palestiniens de 1948. La feuille de route ne fait que mentionner la nécessité de traiter de la question des réfugiés. Le fait que Nabil Shaath considère Haïfa comme une ville palestinienne en dit également long sur la sincérité de la reconnaissance d'Israël par l'OLP.

LES ARGUMENTS CONTRE LE "DROIT AU RETOUR"

L'un des arguments des Palestiniens pour justifier le "droit au retour" est que tout individu exilé par la force, ainsi que ses descendants, a le droit de revenir chez lui quelle que soit la durée de l'exil. Ce raisonnement s'applique en toute logique aux Juifs eux-mêmes, qui furent exilés par la force par les armées romaines. Les Palestiniens ont également créé le mythe selon lequel l'intensification de l'immigration juive en Terre d'Israël dès la fin du 19e siècle aurait "déplacé" et "exilé" les Arabes. En réalité, la nouvelle économie du Yishouv attira une immigration arabe des différentes régions de l'Empire ottoman. Comme le Président Roosevelt l'admit lui-même en 1939: «L'immigration arabe en Palestine, depuis 1921, est nettement plus importante que l'immigration juive. »2 Entre 1922 et 1947, la population arabe crût de façon exponentielle du fait de l'immigration: de 290% à Haïfa, de 158% à Jaffa et de 131% à Jérusalem. 3

Mais qui est responsable de l'exil des Arabes en 1948 ? Les Arabes eux-mêmes. Les Arabes portent la responsabilité historique et morale du problème des réfugiés de 1948. Si les Arabes avaient accepté le plan de partage du Mandat britannique proposé par l’ONU en 1947, et s'ils n'avaient pas déclenché leur guerre d'extermination contre les "Juifs palestiniens" (c'était leur nom à l'époque), il n'y aurait pas eu un seul réfugié. Une guerre d'extermination, oui. Hadj-Amin al Husseini, le fondateur du nationalisme palestinien et proche allié d'Adolph Hitler ne cache pas ses intentions en 1948: "Je déclare la guerre sainte, mes frères musulmans, tuez les Juifs, tuez-les tous !" Pas plus qu'Azzam Pasha, alors Secrétaire général de la Ligue arabe:

"Cette guerre [de 1948] sera une guerre d'extermination, un massacre général qui rappellera celui des Mongols et des Croisés." Les armées arabes encouragèrent la fuite des résidents arabes du Mandat britannique afin de ne pas les mêler aux victimes du massacre prévu par Azzaro Pasha. De nombreux Arabes préférèrent également quitter les lieux avant l’établissement probable d'un régime fasciste sous la direction d'al Husseini. Et il ne s'agit pas là d'un "mythe israélien," contrairement à ce qu'affirment certains pontifes semi-lettrés ayant entendu parler du livre de Benny Morris sur les réfugiés palestiniens, mais ne l'ayant jamais lu. 4 Benny Morris écrit lui-même dans son livre que "les armées arabes ordonnèrent défaire évacuer les femmes, les vieillards et les enfants afin de ne pas être au milieu des combats " et qu'il "n 'y eut pas de politique sioniste d'expulsion des Arabes ou d'incitation à fuir. " Mahmoud Abbas admet lui-même que "Les armées arabes obligèrent les Palestiniens à émigrer et à quitter leur terre. " 5

Mais au-delà de la responsabilité historique, il faut replacer le problème des réfugiés palestiniens dans ses proportions exactes. La guerre déclenchée par les armées arabes contre Israël en 1948 créa un double problème de réfugiés: une vague de réfugiés juifs et une vague de réfugiés arabes. Environ 900,000 Juifs furent expulsés des pays arabes et d'Iran avec la proclamation d'Indépendance de l'État d'Israël. Ils furent spoliés de tous leurs biens et durent quitter les pays où ils vivaient depuis des générations, avant même la naissance de l'Islam. Le nombre de réfugiés arabes ayant fui le Mandat britannique fut bien inférieur: environ 600,000 selon la moyenne des différentes estimations. Ce double phénomène de réfugiés fut similaire, toutes proportions gardées, à celui qui eut lieu la même année avec la partition de l'Inde, cette autre colonie britannique déchirée entre communautés rivales: plus de 12 millions de réfugiés hindous et musulmans durent quitter leurs terres au moment de la partition de l'Inde. La liste des réfugiés de l'après Seconde Guerre mondiale est d'ailleurs plus longue: plus d'un million de Juifs errèrent en Europe après la défaite d'Hitler, et quinze millions d'Allemands quittèrent l'Europe de l'Est pour leur Vaterland. Au total, il y avait soixante millions de réfugiés dans le monde en 1948. Les réfugiés Arabes palestiniens ne représentaient que 1% de cette population.

Ce pourcentage a changé depuis, parce que l'ONU applique une politique de deux poids-deux mesures aux réfugiés arabes palestiniens et au reste des réfugiés dans le monde. Il existe à l'ONU une institution responsable du sort de tous les réfugiés dans le monde: le Haut Commissariat pour les Réfugiés (United Nations High Commissioner for Refugees, ou UNHCR). De tous les réfugiés, sauf des réfugiés arabes palestiniens. Les réfugiés arabes palestiniens sont les seuls réfugiés au monde pour lesquels à été créée aux Nations Unies une agence spéciale: l'UNRWA (United Nations Relief and Works Agency for Palestine Refugees in the Near East). Ni les réfugiés juifs de 1948 (autrement plus nombreux que les réfugiés arabes palestiniens) ni les autres réfugiés du monde n'ont jamais eu droit à un tel traitement de faveur. Mais la politique de deux poids-deux mesures ne s'arrête pas à l'existence de l’UNWRA. La véritable aberration, et la véritable injustice, sont que l'UNHCR et l'UNRWA ont deux définitions différentes du mot « réfugié. » Pour l'UNHCR, un réfugié est une personne déplacée de son pays par la force. Point. Ce qui signifie que ses descendants ne sont pas des réfugiés. Pour l'UNHCR, le fils d'un réfugié indien né aux États-Unis n'est pas un réfugié. En revanche, pour l’UNRWA, un réfugié palestinien est un Arabe ayant quitté le Mandat britannique entre 1947 et 1949 ainsi que ses descendants.

Autrement dit, l'arrière arrière petit-fils d'un ouvrier égyptien qui était venu travailler à Jaffa dans les années 1940 et qui s'était enfui en 1947 est aujourd'hui un "réfugié palestinien!" Pour l'UNRWA, il suffit d'avoir passé au moins deux ans dans le Mandat britannique avant l'indépendance d'Israël afin d'être considéré un "réfugié palestinien" de génération en génération.

C'est pourquoi le nombre de réfugiés dans le monde a diminué de 60 millions en 1948 à 17 millions aujourd'hui, et c'est pourquoi le nombre de "réfugiés" palestiniens a augmenté de 600,000 en 1948 à quatre millions aujourd'hui.

Par ailleurs, tandis que le but de l'UNHCR est d'intégrer les réfugiés dans leurs pays d'accueil, le but de l'UNWRA est de maintenir les "réfugiés palestiniens" dans des camps de réfugiés. Alors que l'actuel Président de l'État d'Israël ainsi que le Ministre des Affaires étrangères et le Ministre de la Défense sont issus des réfugiés juifs des années 1950, les "réfugiés palestiniens" sont maintenus dans des camps depuis trois générations." Pourquoi? Parce que, comme l'expliqua le Directeur général de l'UNWRA, Ralph Galloway, en 1957: "Les pays arabes ne veulent pas résoudre le problème des réfugiés. Ils veulent le maintenir comme une plaie ouverte, comme un affront à l'ONU et comme une arme contre Israël." Une arme contre Israël, en effet, une arme démographique comme le reconnut en 1948 Muhammad Salah al-Din, le Ministre égyptien des Affaires étrangères: "II est bien entendu que lorsque les Arabes exigent le retour des réfugiés en Palestine, ils signifient la liquidation de l'État d'Israël." Ou encore Nasser en 1961: "Si les Arabes reviennent en Israël, Israël cessera d'exister."

Enfin, la propagande palestinienne affirme que le "droit au retour" est reconnu par les résolutions de l'ONU. C'est faux. Il existe deux types de résolutions de l'ONU: les résolutions du Conseil de Sécurité, qui sont exécutoires, et les résolutions de l'Assemblée générale, qui ne le sont pas. Il existe une résolution du Conseil de Sécurité sur les réfugiés: la Résolution 242, adoptée en novembre 1967. Cette résolution appelle à une solution juste au problème "des réfugiés." Des réfugiés arabes et juifs. Comme l'expliqua Arthur Goldberg, le représentant américain aux Nations Unies en 1967: "La Résolution 242 fait référence aux réfugiés arabes comme aux réfugiés juifs." Par ailleurs, une "solution juste" ne signifie pas nécessairement le retour des réfugies, réels ou supposés. Quant à la Résolution 194 de l'Assemblée générale adoptée en 1948 (qui n'est pas exécutoire), elle ne reconnaît en aucun cas le "droit" des réfugiés palestiniens et de leurs descendants à s'installer dans l'État d'Israël. Cette résolution prévoit deux cas de figures: soit une compensation des réfugiés, soit leur retour à condition que leur intention soit de "vivre en paix" avec leur nouveaux concitoyens. Or, comme le dit justement Abba Eban, comment peut-on attendre des "réfugiés palestiniens" qu'ils vivent en paix dans un pays dont ils ne reconnaissent pas la légitimité et qu'ils sont déterminés à détruire ?

Si quatre millions d'Arabes peuvent s'installer dans l'État juif au nom du "droit au retour" et selon les critères de l'UNRWA, pourquoi ne pas laisser le même nombre de réfugiés juifs s'installer dans l'État que les Palestiniens souhaitent établir? En appliquant les critères de l'UNRWA, les 900 000 réfugiés juifs de 1948 seraient aujourd'hui 5 millions. Si un Arabe peut retourner à Jaffa parce que son grand-père s'est enfui en 1948, pourquoi un Juif dont le grand-père à été massacre lors du pogrom de Hébron de 1929 ne peut-il pas revenir à Hébron ? Si quatre millions de "réfugiés palestiniens" peuvent "retourner" en Israël, appliquons la définition de l'UNRWA aux 60 millions de réfugiés de 1948 et cela nous donne 400 millions de réfugiés. Si l'on appliquait la logique de l'UNWRA à tous les réfugiés du monde, il faudrait que 400 millions de descendants de réfugiés s'installent par millions dans des pays tells que la Pologne, l'Inde ou la Turquie.

Mais, nous dit-on, si les Juifs deviennent une minorité dans un État d'Israël déjudaïsé et majoritairement arabe, ils n'auront rien à craindre et seront bien traités. Ah, vraiment ? L'histoire des Juifs en terre d'Islam est celle d'une minorité brimée et persécutée, de dhimmis ou citoyens de deuxième classe sans droits fondamentaux. Par ailleurs, il n'est pas un État arabe qui respecte les droits de ses propres citoyens. D'après quelle logique les Juifs jouiraient-ils d'un traitement de faveur dans un autre État arabe qui bafoue les droits de l'homme et qui inculque à sa jeunesse la haine et le mépris des Juifs?

La légitimité du "droit au retour" a gagné du terrain et continue de gagner du terrain dans l'opinion publique européenne et américaine. Il est grand temps de démasquer la mascarade et d'asseoir les accusateurs sur le banc des accusés.

* Emmanuel Navon est professeur de relations internationales à l'Université de Tel-Aviv et chercheur à l'Institut de Politique et de Stratégie du Centre interdisciplinaire de Herziiya.

 

1 Ha 'aretz, 15 juillet 2003.
2 Frankiin D. Rooseveit, communiqué au secrétaire d'État, 17 mai 1939, dans Foreign Relations of thé United States : Diplomatie Papers ,Washington DC, United States Govemment Press Office, 1955, Vol. 4, p. 457.
3 AriehAvneri, Haityashvut Hayehudit Vetaanat Hanishol, Tel-Aviv, Hakibbutz Hameuhad, 1980, p. 221 (Hébreu).,
4 Benny Morris, The Birth of the Palestinian Refugee Problem, Ï947-1949 (Cambridge University Press, 1987).
5 Wall Street Journal, 5 juin 2003.

 
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